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Née en 1969 à Saint-Pierre lés Nemours.
Vit et travaille en banlieue parisienne. Titulaire d'un DEA d'arts plastiques de la Sorbonne (Paris I).
Anne Geoffroy élabore des "sculptures" en apparance touchantes, dont le titre révèle pourtant une interprétation bien plus sombre. Chaque petit lit en fer, présenté de façon isolée ou groupé en "troupeaux", prend à l'artiste plusieurs mois de réalisation douloureuse, de construction, d'assemblage et de couture. Souvenir de la petite enfance, ces petits sommiers aux couleurs pastels, assemblés comme dans une boîte de bonbons et parfois complétés de coussins en forme d'étoiles de mer au tissu assorti, remplis de sable, sont en réalité une façon pour l'artiste d'exprimer ses peurs et ses angoisses d'enfant et d'adulte. Dans ce royaume de petite fille, la délicatesse du rose poudré de la toile à matelas et des bouquets enrubannés du tapis répond au raffinement de l'ouvrage cousu à la main. Les coutures sont visibles, soulignant d'un côté la dimension ouvragée de la pièce et, de l'autre, le caractère naïf de la technique. La raideur des barreaux de lits implacablement alignés tranche avec le grouillement du matelas d'étoiles. Arrachées aux cieux, jetées là par poignées pour, au bout du compte, former un charnier. Un tas de petits corps, nus, morts. Dans ce cimetière d'étoile, enfouies sous une pluie de fleurs, le berceau s'apparente tristement aux sépultures en fer forgé rendant grâce aux enfants.
"La disparition", "La peur du noir" et "Extinction" forment un cycle cathartique, tandis qu'une série de dessins au crayon, réalisés d'après photographie et mettant en scène l'artiste et ses proches dans des situations imagées, évoquent ses interrogations par rapport à sa place dans la société et l'héritage familial. |