[03/12/22 – 14/01/23] JULIEN PRIMARD “LES INSTANTS MODERNES”

[FR]
La Galerie LJ présente “Les Instants Modernes”, sa première exposition personnelle en ses murs du peintre français Julien Primard, du 3 décembre 2022 au 14 janvier 2023.
Designer de formation et de métier, Julien Primard est également un peintre autodidacte. Né en 1986 en région parisienne, c’est à Toulon qu’il s’installe pour ses études de design, ville qu’il a définitivement adoptée depuis. C’est au début des années 2000 qu’il commence à peindre, d’abord en milieu urbain en pratiquant le graffiti sur des murs d’usines abandonnées. Il fonde en 2009 le collectif La Thérapicturale avec des amis graffeurs, et monte ses premières expositions collectives et projets artistiques, qui lui permettent d’affirmer son style. C’est à Marseille que sa peinture va pleinement se révéler, à partir de 2016, dans des expositions personnelles successives que lui consacre la galerie Backside.
S’inspirant des courants classiques et de l’architecture moderne, Primard peint à l’huile des compositions prônant l’abandon, nous entrainant vers des lieux insolites, souvent inaccessibles, édifiant ces ruines au rang de monuments, visités par des personnages anonymes et invisibles. Ses tableaux sont minutieusement préparés en amont grâce à un travail de photographie quotidien et de dessin préparatoire. Les photos de scooters, de bâtiments, de chaussures usées et autres portes condamnées qu’il accumule, deviennent des fragments qu’il assemble pour raconter ses propres narrations.

Julien Primard trouve dans le béton un ancrage fort qu’il développe de la rue comme support, à la toile comme sujet. L’intensité des espaces urbains désertés dévoile la brutalité de l’absence, ou plutôt de l’invisibilité, de l’absence de visibilité : une question existentielle pour l’artiste, dont les personnages, projections de lui-même, ne cessent d’interroger son auteur. Faut-il rester invisible et anonyme, et ainsi jouir d’une forme de liberté, ou bien se découvrir au grand jour et assumer ? La question se posait déjà lorsqu’il pratiquait le graffiti. C’est une question qui aujourd’hui le taraude, entre son métier de designer accompli et la pratique de la peinture, qui l’appelle irrésistiblement à lui consacrer plus de temps. Pour la première fois dans ses peintures, ces deux positionnements s’affrontent : le peintre à visage découvert engage un débat avec le graffeur anonyme. Tomber le masque, au sens propre comme au figuré, avec un clin d’oeil aux années Covid solitaires qui viennent de s’écouler, c’est toute la question que Primard se pose à lui-même dans son travail, dans un décor emprunt de références à l’architecture moderne qu’il aime tant et qui l’entoure dans son quotidien entre Toulon et Hyères. Ici la Villa Noailles, là la Fondation Maeght, ou encore les pépites architecturales qu’il déniche lors de ses promenades en famille sur la presqu’île de Giens ou sur le chemin du travail à Toulon.

[ENG]
Galerie LJ presents “Les Instants Modernes”, its first solo exhibition by French painter Julien Primard, from December 3, 2022 to January 14, 2023.
A designer by training and profession, Julien Primard is also a self-taught painter. Born in 1986 outside Paris, he moved to Toulon in the south of France, for his design studies, a city he has since adopted. He started painting in the early 2000s, first in an urban environment by practicing graffiti on the walls of abandoned factories. In 2009, he founded the collective La Thérapicturale with graffiti artist friends, and set up his first group exhibitions and artistic projects, which allowed him to assert his style. It is then in the city of Marseille that his practice fully revealed itself, from 2016, in a series of solo exhibitions that Backside gallery dedicated to him.
Inspired by classical painting and modern architecture, Primard paints in oil on canvas compositions advocating abandonment, taking us to unusual places, often inaccessible, building these ruins to the rank of monuments, visited by anonymous and invisible characters. His paintings are meticulously prepared thanks to a daily work of photography and preparatory drawing. Pictures of scooters, buildings, worn out shoes and other condemned doors that he accumulates, become fragments that he assembles to tell his own narratives.

Julien Primard finds in concrete a strong anchorage that he develops from the street as a medium, to the canvas as a subject. The intensity of deserted urban spaces reveals the brutality of absence, or rather invisibility, the absence of visibility: an existential question for the artist, whose characters, as projections of himself, never cease to question their author. Should one remain invisible and anonymous, and thus enjoy a form of freedom, or should one discover oneself in broad daylight and assume The question was already ongoing when he was practicing graffiti. Today this question torments him, sitting between his job as an accomplished designer and the practice of painting, which irresistibly calls him to dedicate more and more time to it. For the first time in his paintings, these two positions confront each other: the open-faced painter engages in a debate with the anonymous graffiti artist.
To drop the mask, literally and figuratively, with a nod to the solitary Covid years that have just passed, is the question that Primard asks himself in his work, in a setting full of references to the modern architecture that he loves so much and that surrounds him in his daily life, between Toulon and Hyères. Here the Villa Noailles, there the Maeght Foundation, or the architectural jewels that he unearths during his family walks on the peninsula of Giens or on his way to work in Toulon.

 

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