ETIENNE POTTIER

Né en 1983. Vit et travaille à Paris. Diplômé de l’ENSAD (Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs) en 2009.
Après avoir commencé dans le milieu du roman graphique indépendant, Étienne Pottier se lance dans la photographie, délaissant le dessin quelques années. Il y revient malgré tout en montant un atelier de gravure, puis découvre la céramique qu’il pratique rageusement depuis.
Influencé tant par les gravures apocalyptiques de Dürer que par les peintures acidulées de Peter Doig, Étienne Pottier crée un univers sombre et fantasque à travers des dessins, des photographies, des sculptures, des vidéos et des installations. On décèle chez l’artiste une aspiration à traiter les sujets prosaïques d’une manière spirituelle, à conférer à des thèmes quotidiens une dimension presque sacrée, sans pour autant y déceler une portée religieuse. Il n’y a dans l’image ni violence, ni souffrance, ni provocation, mais l’évocation d’un rituel mystérieux et intemporel.


extrait d’un texte de Martine Sautory, 2017 : 

Etienne Pottier pratique aussi bien le dessin, la peinture et la gravure, que des installations toute en céramique qui questionnent la violence du sacré autant qu’elles révèlent son auteur. Travaillant vite, même si la céramique peut demander du temps, il accepte la casse à la cuisson. Cela fait partie de la surprise, comme l’émail qui « magnifie l’objet » lors du passage au four, la presse qui révèle la gravure ou le bain du tirage photo argentique. Etienne Pottier, qui a chevauché sa moto jusqu’à la naissance de sa fille, provoque et accueille l’accident trace du vivant dans son art. A la recherche de la sensation, l’art trop intellectuel et sans émotion l’ennuie, il aime avoir « les mains dedans » et aujourd’hui bien qu’il ne se reconnaisse pas comme un céramiste, vit dans ses créations et paradoxalement « a envie de se débarrasser de tout ce qu’il fait ». Le but de son œuvre serait de sortir d’une systématique très sombre. « La vie est subtile, dit- il, je n’ai pas envie de ne capter qu’une vibration dans mon travail ». Cette agressivité ne cacherait-elle pas une certaine pudeur ?

extrait d’un texte de Marc Vander-Stucken : 
Les gravures apocalyptiques d’Étienne Pottier ne sont pas des évocations d’un futur possible, elles sont notre pain quotidien et l’urgence n’est pas de nous y préparer mais de produire au plus vite les oeuvres qui nous en protège et nous permettent de résister. Armures, Armes, Icônes et Reliques mystiques composent l’arsenal de l’artiste qui a probablement choisi de le constituer en terre cuite pour faire armes égales dans ce combat contre notre monde incendié par nos conflits.
Dans l’oeuvre d’Étienne Pottier il n’est d’ailleurs pas question de victoire ; seul compte le glorieux combat héroïque. Et dans ce domaine il fait autant preuve de grâce, d’intelligence et de maîtrise dans son travail, qu’il est capable de se fêler une côte pour réaliser une vidéo virile et héroïque.

texte de Stéphanie Molinard, 2014 : 
Initialement formé au graphisme et à l’illustration à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (2009), Etienne Pottier a publié un album Jamais en dessous de 130 en 2010 avant d’étendre le champ de ses recherches plastiques. Parallèlement à la gravure, qu’il pratique intensément depuis 2010, l’artiste a initié récemment une série de grands dessins à l’encre de Chine, montrés pour la première fois dans cette exposition.
Qu’il s’agisse de gravures, de dessins à l’encre ou au fusain, ou de peintures, les couleurs sont rares dans le travail d’Etienne Pottier. Le noir et le blanc accompagnent toujours une recherche graphique exigeante, qui progresse autour de motifs récurrents et entrecroisés.
Pottier puise une partie de ces motifs dans les divers milieux marginaux qu’il a fréquentés et qui font sa singularité dans le monde de l’art contemporain. S’il ne parle pas bien le « germanopratin », il sait en revanche mixer dans une free-party, naviguer le milieu punk, aussi bien que celui des motards, étant l’un des leurs.
Son œuvre n’en est pas moins nourrie de références à l’histoire de l’art, d’Albrecht Dürer à Damien Deroubaix ou Peter Doig, en passant par Eugene Smith. Il affectionne par exemple les « vanités », thème classique de l’histoire de l’art depuis le 17e siècle, ces natures mortes dans lesquelles les éléments doivent rappeler au regardeur, de manière allégorique, le caractère transitoire de sa vie terrestre, et l’inciter à se tourner vers Dieu pour le salut de son âme. Mais le thème n’a chez Etienne Pottier pas de portée religieuse. Dans un monde sans Dieu, crânes et squelettes ne font que rappeler la fragilité de l’homme.
La vulnérabilité est une thématique centrale chez Pottier. Souvent, elle affleure là où on ne l’attend pas : les chiens (compagnons de galère des marginaux, des « punks à chien ») sont musclés et puissants, mais semblent pourtant inoffensifs, avec leur langue pendante et leur regard tendre. Les quatre gueules bienveillantes de son Cerbère contemporain n’inquiètent guère. De même, l’homme cynéphal, qui dépose sa tête en offrande, semble bien apaisé. Malgré le thème, il n’y a dans l’image ni violence, ni souffrance, ni provocation, mais l’évocation d’un rituel mystérieux et intemporel.
On décèle chez l’artiste une aspiration à traiter les sujets prosaïques d’une manière spirituelle, à conférer à des thèmes quotidiens une dimension presque sacrée. C’est en particulier perceptible dans la manière dont il aborde l’iconographie de la moto. Dans ses gravures, les casques de moto sont comme auréolés et mis en équivalence avec des heaumes de chevaliers ou des casques gaulois. « Le pouvoir et la gloire » sont les trophées convoités par ces nouveaux « héros » contemporains que sont les motards, en quête d’une expérience unique : dominer sa peur, braver le danger et la mort. Les références au monde des motards est toutefois allusive, et presque cryptée. Seuls les initiés connaissent le « prince noir », motard anonyme qui a parcouru les 35 km du périphérique en 11 minutes (Acte de foi), ou savent que les acronymes SRAD ou CBR inscrits en frontispice de certaines gravures, renvoient à des engins mythiques, extrêmement puissants.
Comme tous ceux de sa génération, Etienne Pottier pratique le sampling : il puise son inspiration sur internet où un mot-clé mène à un autre et peut vous embarquer vers des images inattendues. Mais ces images-sources s’enrichissent de la connaissance qu’a l’artiste de l’histoire de l’art : le « prince noir » devient ainsi la figure d’un retable, revisité par une esthétique « black metal ».

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NEWS

Suite au prix Icart Artistik Rézo qu’il a gagné au printemps 2018, Etienne Pottier présentera une installation personnelle de céramiques et dessins à Eléphant Paname du 23 au 25 novembre 2018.

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PRIX & RÉSIDENCES

2018
Prix du jury ICART Artistik Rézo, Paris (jury).

2016
Résidence les Iconoclasses, Normandie

2013
Cité internationale des Arts, Paris

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SHOWS

2018
Galerie LJ, Paris – Exposition personnelle (décembre)
Eléphant Paname, Paris – Installation personnelle (novembre)

2017
«arcanae manifesta», exposition personnelle à la galerie Saint Séverin
«Petits Formats», exposition collective à la galerie du Haut Pavé, Paris
«Atlas», exposition collective, galerie Arondit, Paris
«Images Futur», exposition collective, Espace Durand-Dessert, Paris
«Relève», exposition collective, Crédit Municipal de Paris

2016
«Premier Regard fête ses 15 ans», exposition collective, Galerie Premier Regard, Paris
«Artistes en résidence», exposition collective, Galerie Le Calvé Leymarie, Bordeaux
«Les Iconoclasses XVIII», exposition collective, Galerie Duchamp, Normandie
«De rendez-vous en rendez-vous», exposition collective, Galerie Haut Pavé, Paris
«Luxor», exposition personnelle, Galerie Premier Regard, Paris
«Petits Formats», exposition collective à la galerie du Haut Pavé, Paris
«Babel», exposition collective avec Pauline Sarrus, Galerie des Beaux-Arts, Paris
«Cachet de la poste faisant foi», exposition collective à la Villa Mallet-Stevens, Paris

2015
«Etienne Pottier à l’Amour», galerie l’Amour, Porte de Bagnolet
«Les Barreaux» dans l’espace Le Chassis, Paris exposition collective à la galerie du Haut Pavé, Paris
«La vérité est ailleurs», exposition collective à la Maison des Ensembles avec Le Chassis, Paris exposition personnelle à la Galerie Olivier Nouvellet, Paris

2014
«Age d’Or», exposition personnelle à la galerie du Haut Pavé, Paris

2013
«They Live», exposition personnelle à Urban Spree, Berlin
«C’est la Vie» à la Cité Internationale des Arts Paris, exposition collective avec Pierre Seinturier, Paris

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PUBLICATIONS

2012
«ILS VIVENT», édité chez Ion

2011
«Les Murs Tremblent», édité chez Ion exposition collective des félicités à l’ENSAD

2010
«Jamais en dessous de 130», édité chez Warum

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