[16/10 – 28/11/21] MU PAN “DON’T CONCENTRATE ON THE FINGER”

Nous sommes très heureux de recevoir l’artiste chinois-américain Mu Pan pour sa 4e exposition personnelle en nos murs. Fait notable depuis son dernier passage à Paris en 2019, l’artiste bénéficie enfin d’une magnifique première monographie publiée fin 2020, couvrant toute l’étendue et la richesse de son travail (American Fried Rice: The Art of Mu Pan, éditions Abrams, New York).

Mu Pan, c’est la rencontre entre Jérôme Bosch, Kuniyoshi et Marvel Comics. Il est connu pour ses grandes peintures épiques et narratives, faisant le grand écart entre références à l’Histoire de la Chine et du Japon, et pop culture américaine. Mu Pan naît à Taiwan en 1976 dans une famille originaire de Chine continentale. Il quitte l’île pour New York, où il émigre avec ses parents en 1997 lorsqu’il a 21 ans. Repartant de zéro avec sa famille, il adhère à la culture américaine (dont il était peu familier jusqu’alors) tout en restant profondément attaché à ses origines. Son adolescence taiwanaise infusée de mangas japonais, de romans Wuxia et de films de kung-fu hong-kongais, marque encore son travail aujourd’hui (le titre de sa nouvelle exposition parisienne est d’ailleurs emprunté à une fameuse réplique de Bruce Lee dans «Enter The Dragon»). Devenu citoyen américain, Mu Pan revendique ses multiples identités culturelles dans ses peintures, souvent jusqu’au paradoxe.

Après un bref passage ces deux dernières années vers un modèle de narration plus contemplatif, moins mouvementé (au premier degré) quoique tout aussi dense que d’habitude, les vieux démons de la castagne ont rattrapé Mu Pan, qui nous embarque pour cette nouvelle exposition dans de fantastiques batailles navales. Chaque exposition est, en somme, une nouvelle aventure de Mu Pan, un nouveau chapitre.
Trois nouvelles peintures sur panneau de bois (137 x 91cm) présentent trois bateaux pirates différents, assiégés et attaqués par de multiples créatures aquatiques, monstres marins, brigands, corsaires, soldats, yakuzas, ninjas, qui s’étripent, s’empoignent, se pourfendent ou se mangent, dans un joyeux bazar chorégraphié où seules les sirènes semblent échapper au massacre. Une 4e peinture sur panneau («Peaches», 127 x 152cm) vient compléter cet ensemble, mettant en scène une des thématiques favorites de Mu Pan : des singes facétieux dans un environnement mi-bucolique, mi-lubrique, poursuivant des petites pêches dodues et peu farouches…

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